21 octobre 2004

Folkcurieuse

Les concerts de mon ami pointilliste sont toujours un succès. Comme la folk et le rock, il s'en moque comme de sa première bouteille de bailey's, mon ami pointilliste me fait découvrir des artistes vers qui je n'irai pas naturellement. à l'instar de Fabien Martin, vu à l'Européen il y a quelques semaines. Avec son nom de copain de classe en Première L, Fabien Martin est un jeune chanteur français, avec un style unique, des compos pop franchement bien foutues, de bonnes paroles, un jeu de scène inimitable et un groupe qui assure (argh, ce guitariste). A suivre. Hier, au Théâtre des Champs Elysées, nous sommes allés assister à un concert classique. Je dois avouer qu'il ne s'agit pas vraiment d'un de mes styles favoris. J'en écoutais un peu lorsque j'habitais chez ma tante, à Bordeaux. Ce ne me gêne pas d'en entendre de temps en temps, mais je me mets rarement un morceau ou un disque de classique spontanément, à part peut-être quelques "tubes" de Maria Callas, ou des morceaux style Adagio for strings de Samuel Barber, qu'on entend un peu à tort et à travers dans des films (notamment dans Elephant man, de Lynch), ou Air on the G String, de Bach, que j'avais commencé à bosser à la gratte. Bref. Hier, le Théâtre des Champs Elysées présentait le ténor Juan Diego Florèz, "en passe de devenir le nouveau Pavarrotti" (dixit le dernier Têtu), mais en moins gros. Ce concert était annoncé comme exceptionnel, il était filmé et enregistré, et je n'ai pas été déçu. Même si tous les airs joués et chantés ne m'ont pas forcément excité, difficile de rester de marbre devant la virtuosité absolue de ce chanteur lyrique qui enfile les montées et les descentes de gammes chromatiques comme d'autres les perles. Le public était déchaîné (ce qui ne doit pas lui arriver souvent), et même le chef d'orchestre a failli lui en rouler une tellement il était content, lui qui, avec son crâne rasé et son air satisfait, semblait tout droit sorti du Cox. Résultat : une standing ovation, amplement méritée. Un tel traitement n'est réservé qu'aux plus grand(e)s, m'apprend mon ami pointilliste, comme Cecilia Bartoli ou Renée Flemming Fleming. "Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que lorsque le public parisien se lève, l'artiste, traditionnellement, se met à genoux." Je me suis demandé en sortant si je finirais par aimer le classique, comme j'apprends à aimer, petit à petit, le jazz et comme j'ai appris, jadis, à aimer la folk, ou la "chanson française". Certaines musiques attendent peut-être que l'on soit prêt à les recevoir.