15 octobre 2004

No more tears in heaven

Dans ma radio.blog, Tears in heaven, de Eric Clapton. Merci à notre ami gratteur pour ses efforts incessants de promotion de Clapton. Grâce à lui, j'ai réécouté quelques titres de celui qu'on a surnommé "God" pour son jeu de guitare. Layla a toujours été l'un de mes morceaux favoris. Mais je n'avais que celui-ci. Je suis tombé sur Tears in heaven un peu par hasard, et le morceau m'a instantanément fait un effet boeuf. Sans doute parce que je connaissais l'histoire derrière ce morceau : Clapton vient de perdre accidentellement son jeune fils et l'un de ses amis, le guitariste Stevie Ray Vaughan. Pourtant à première vue, les paroles de Tears in heaven n'ont l'air de rien. Je les trouve même sacrément pudiques pour quelqu'un qui exprime une telle douleur. A y regarder de plus près, leur simplicité ne les empêche pas de dire des choses fortes. Le couplet commence sur une histoire de rencontre au paradis : "Would you know my name / If I saw you in heaven ?" Avec le refrain, les choses se précisent : "I must be strong / and carry on / 'cause I know / I don't belong here in heaven." En quelques mots, Clapton dit la chose la plus simple du monde, mais la plus belle : sa place à lui, malgré sa douleur, n'est pas au paradis, avec les morts qu'il a aimé ; elle est ici, et il faut s'y accrocher. C'est exactement ce que dit une série comme Six feet under. On pourrait croire que c'est une série sur la mort et c'est tout le contraire. Si les personnages sont si perturbés, c'est parce que leur boulot ou leur entourage leur rappelle tous les jours qu'ils sont vivants et que c'est à eux de décider ce qu'ils doivent en faire, pas à leur patron, pas à leur mari ou leur femme, ou même à leurs enfants. A eux. Peut-être les paroles de Clapton et les pérégrinations des Fisher trouvent-elles un écho plus grand chez ceux dont les familles ont vécu des drames similaires ; des familles où certaines personnes ont choisi d'oublier qu'elles sont vivantes en préférant la compagnie des morts à celles des humains. C'est ce qu'on appelle une chanson universelle, non ?