25 octobre 2004

On lui dit un minois mieux que joli

[Coco, ne lis pas ce post.]
Rufus Wainwright était au Café de la Danse hier soir. Le hasard fait (ou les relations font) bien les choses, moi aussi. A girl called Eddy en première partie. Rien à dire, c'est bien joué, bien chanté, bien écrit. Mais je ne suis pas rentré dedans. La faute sans doute à un rhume qui me collait une énorme barre sur le front. La faute aussi à la chaleur suffocante. Je soupçonne le Café de la Danse de ne pas trop suivre les normes de sécurité, vu comme la salle était archi-bondée (sans parler du gosse de 10 ans qui servait au bar). Bref, Rufus arrive. Il joue ce soir en solo. Puisqu'il est à Paris, il va égrener tout son répertoire francophile, à commencer par "Reviens, reviens", de Berlioz, qui ouvre le concert. Au beau milieu de la chanson, Rufus esquisse une grimace, lève les mains, après un accord et dit "Ou quelque chose comme ça". Le ton est donné, le concert de ce soir sera bon enfant et un peu approximatif. Il nous annonce qu'il jouera ce soir quelques titres de Want Two, son nouvel album qui sort dans deux semaines aux USA et début 2005 en Europe. Les titres sont plutôt plaisants. Il y a un hommage à Jeff Buckley, un titre inspiré par les campagnes homophobes aux Etats Unis ("Gay Messiah"), une chanson très drôle sur son prof d'art plastique "straight" ("The Art Teacher"). Il alterne chansons au piano et à la guitare. Assez peu de titres de Want One, ce qui n'est guère étonnant vu que le disque est très produit et que certaines chansons, comme Vicious World ou Go or Go ahead sonneraient sans doute un peu plates (pas sûr, ceci dit). Il ne joue donc que Harvester of hearts, Want et la chanson pour/sur son père, qui est une de mes préférées, Dinner at eight. Dans le repertoire francophile, sa fameuse reprise de la Complainte de la butte, (chantée par Colette Renard Cora Vaucaire dans French Cancan, de Jean Renoir, me signale mon ami pointilliste), une reprise follissime d'Arletty, Cœur de Parisienne ("On me dit / un minois mieux que joli..."), ou pour finir, une chanson traditionnelle québécoise hilarante. À noter, un public majoritairement homo (garçons et filles), et pas des plus moches. Bref, un très très bon concert. Rufus était visiblement ici pour se faire plaisir et il a réussi à le communiquer au public. J'ai vraiment hâte de l'interviewer et d'entendre son nouveau disque. Par ailleurs, je sais bien que je dis à qui veut l'entendre que j'ai envie de l'épouser à San Francisco, mais je ne le pense pas réellement, bien qu'il soit plutôt beau mec.