27 octobre 2004

Soirée David Bowie sur Pink TV

On dira ce qu'on voudra sur Pink TV. Une chaîne qui me propose 2h30 en compagnie de David Bowie, moi, ça me rend heureux.

Premier Acte un documentaire de Gilles Nadeau, intitulé Mister Jones et Dr Bowie, ou un truc dans le genre. Eh bien cher Gilles, je suis désolé de te le dire, on ne se connaît pas, mais ton documentaire est affreux. Affreux, affreux, affreux. Je t'en veux pas, hein, la télé et les documentaires, c'est pas mon métier, mais voilà, j'ai deux ou trois trucs à te dire :

- Déjà, on a du mal à cerner l'angle du docu. Chronologique ? Non. Les images d'archives sont mélangées, sans la moindre explication, sans le moindre but apparent. Sans logique. Musical ? Non plus. Quelques extraits de clips, parfois il y a le nom de la chanson et l'année, parfois rien du tout. Les années 70 se résument au personnage de Ziggy et la ville de Berlin. Lou Reed fait une apparition (après des images du Velvet de 1969 n'ayant rien à faire là). Des pochettes de disques défilent, dans le désordre. On voit aussi les pochettes de quelques albums produits par Bowie, comme Raw Power, Transformer, The Idiot. Heureusement que je me suis renseigné avant, parce que cela n'est pas du tout explicité dans ton doc. On voit juste des pochettes. People ? Non plus. On voit juste une image d'Angie, puis un peu plus tard une autre de Iman (mais on ne dit pas qui elle est), un fan qui fait référence à la bisexualité et c'est à peu près tout. Bref, ton doc, cher Gilles, c'est le boxon. On voit plusieurs fois Bowie esquisser des gestes de mime, mais on ne fait aucune référence à son travail avec Lindsay Kemp, son maître dans ce domaine. On voit le début du Rock'n'roll suicide dans lequel Bowie/Ziggy annonce que cela sera son dernier concert et tu ne montres même pas la fin (avec le faux assassinat). Ben alors ? Kétafoutu ?

- le seul point positif, c'est l'interview de Bowie, époque Hours. L'entretien est réalisé par Christian Févret, rédac. chef des Inrocks, qui connaît son sujet. Bowie dit deux ou trois trucs intéressants. Il se définit lui-même pas comme un musicien mais comme "quelqu'un qui fabrique des concepts". Ainsi, Ziggy est né de plusieurs éléments que Bowie tenait à réunir : le théâtre kabuki, pour la garde robe, la théâtralité d'Orange mécanique, de Kubrick, Metropolis de Fritz Lang, et le rock'n'roll.

- Un passage intéressant, celui où on voit le thin drug-addict duke découper un texte et composer un morceau en faisant des collages. L'enchaînement avec un extrait de Moonage Daydream est tout à fait approprié et juste. Pour celles et ceux qui cherchent depuis les années le sens de cette chanson qui figure sur Ziggy Stardust, vous avez la réponse : il n'y en a pas, Bowie l'a composée en faisant un collage.


Deuxième acte de la soirée, nettement plus intéressant, un Live by Request (série de concerts télés, à l'image des Unplugged de MTV - très bon LbR de k.d. lang), période tournée Heathen, son avant dernier album en date. Là aussi quelques remarques.

- Il s'agit d'un concert-best of, peu de titres du dernier album (3 ou 4 je crois) et des morceaux très disparates.

- Vocalement, Bowie est un peu limite sur des vieux titres comme Starman ou Changes. On a l'impression que dans les aigus, il chevrotte. En revanche, les titres récents comme Slip away, tiré de Heathen (l'un de ses meilleurs titres de ces 10 dernières années) passent comme une lettre à la poste.

- Peut-on lui demander de rayer une bonne fois pour toutes Fame, Fashion, Stay (pas joué ce soir) ou Let's Dance de son set ? Ces chansons sont vraiment insupportables.

- I'm afraid of americans, c'est bien, mais jouer Hallo Spaceboy, ça aurait été encore mieux. Je ne me suis toujours pas remis de la version "marteau pilon" faite à l'Olympia en 2002. Avec le stroboscope et le sol sur ressort de l'Olympia et un groupe qui envoie du bois (comme on dit chez nous), Ziggy, à côté, c'est du Céline Dion (ah ah ah). Je joue souvent une version live de ce titre à Androgyny.

- Avec quoi obtient-on le son de guitare sur "Heroes" (ne pas oublier les guillemets, qui veulent dire soi-disant) ? L'un des guitaristes a un gros truc dans la main droite pour faire durer les notes. Si quelqu'un connaît la réponse, je suis preneur...

- J'en ai dit beaucoup de mal à l'époque, mais j'aime bien la coupe de cheveux de David, finalement. Ni courts, ni mi-longs, entre les deux, quoi.


Un peu plus tard, ou plus tôt, ça dépend quand vous le regardez, deux chroniques musique dans le Set, l'émission de la chaîne. Le disque du jour avec "D'Gey" (pourquoi ne reprends-tu pas ton prénom, chouchou ? Il est bien mieux que ton pseudo, je t'assure), hier ou avant-hier Ari Gold, aujourd'hui du reggae. Chronique hors plateau un peu m'as tu vu, essayant de tirer profit du physique du jeune homme (dans ce cas-là, je déconseille les plans de profil ^^). Bof, bof. M'enfin, il en faut pour tous les goûts et on verra dans les jours qui viennent. Et puis plus on parle de musique, plus je suis heureux. Tout m'intéresse. Aurore Leblanc, DJ, et journaliste sur FG, présentait un reportage sur Le Tigre, nettement plus dans mes goûts. Et j'allais oublier Alain Steghens - qui pige aussi pour Têtu - pour le classique.

Et dire que je voulais aller au sauna ce soir...